Denis Santelli devant l’un de ces nouveaux écrans tactiles dont Tactinéo a mis au point le prototype seulement en septembre 2008. Incubée dans l’enceinte des Arts et Métiers de Châlons-en-Champagne, la société fondée en janvier 2009 par Denis Santelli et son équipe de R&D développe et commercialise des écrans géants tactiles qui mettent l’informatique à portée de doigts.Comme dans le film de science-fiction de Steven Spielberg Minority Report (2002) où Tom Cruise manipule de ses seules mains images et dossiers sur un écran géant avec une aisance symphonique, les prochains visiteurs du salon rémois Innovact seront-ils accueillis par l’une de ces nouvelles dalles géantes à cristaux liquides de Tactinéo ? Couplées à la mémoire d’un ordinateur, elles permettent aujourd’hui de manipuler les informations à mains nues. La déléguée générale du salon y songe déjà ! « C’est la technologie la plus excitante du moment. Nous sommes dans l’année zéro d’une déferlante d’écrans tactiles », s’enthousiasme Denis Santelli, l’un des créateurs en janvier 2009 de Tactinéo, première société française à proposer sur le marché hexagonal « la production sur mesure de présentation visuelle très haut de gamme sur une nouvelle génération d’écran géant tactile mobile ». L’Homo Informaticus découvre ainsi qu’il possède dix souris au bout des mains. « Les nouvelles technologies tactiles surpassent maintenant entièrement la souris en convivialité et en richesse fonctionnelle. Téléphone, GPS, écrans d’ordinateurs offrent de plus en plus de possibilités. C’est incontestablement le progrès informatique majeur de ce début de siècle, aussi important que le Net », estime le jeune trentenaire. Par sa simplicité et son aspect ludique, cette nouvelle interface manuelle entre l’homme et la machine ouvre un espace que Tactinéo entend bien explorer avec soin.
TERRITOIRES VIERGES
« Les applications sont très nombreuses. Parmi les utilisations professionnelles de ces nouveaux outils, la présentation entre dans une nouvelle ère. Il devient possible d’imaginer des présentations selon des scénarios moins linéaires, plus vivants, donc plus convaincants. Les entreprises qui feront en premier appel à ces nouvelles interfaces démontreront leur capacité à innover et seront celles qui se démarqueront par la qualité de leur communication », explique Denis Santelli. Déjà, les premiers contrats sont en cours de négociation pour équiper des salles de gestion de crise dans les domaines de la défense et de la finance. Des contacts se sont noués avec des chaînes de télévision intéressées par cette nouvelle technologie tactile. « Nous recevons M6 en juillet. Le Pdg de Canal+ est venu voir nos travaux qui concernent tout le secteur des médias et de la communication », juge Denis Santelli. D’autres territoires vierges, multiples et nombreux, s’ouvrent devant Tactinéo. « Le tourisme, la vidéographie pour donner à découvrir par exemple, des collections d’art que les visiteurs ne peuvent habituellement pas voir. Nous travaillons d’ailleurs avec un laboratoire de recherche de Troyes et l’ENSAM (École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers) de Paris sur un projet de muséographie. Nous pensons aussi à l’espace public pour des bornes d’informations ou les parcs à thème pour les plans de situation. On regarde vers l’architecture et la domotique, le milieu hospitalier… Plus tous les usages que nous n’avons pas encore identifiés », énumère Denis Santelli.
DESIGN ET ERGONOMIE
Sur ce marché naissant soumis à une forte demande, la stratégie de Tactinéo est de se placer du côté des usagers. « Même si nous fabriquons un peu de matériel, nous n’avons pas vocation à concurrencer les grands constructeurs », souligne le dirigeant. D’autant que les écrans LCD (Liquid Crystal Display) grossissent à vue d’oeil. « Un écran de 70 pouces, c’est quand même un bébé de 2 m de largeur. Et nous avons maintenant des dalles de plus de 1 000 pouces ! ». Si elle fournit l’écran et une partie du logiciel, Tactinéo conçoit les applications spécifiques au client et assure la formation et le suivi technique. « Nous nous creusons la tête pour trouver les meilleures possibilités », assure Denis Santelli qui, ancien des Beaux-Arts, n’en oublie pas moins, le design et l’ergonomie de son matériel. « Nous menons même une réflexion sur les gestes car il y a tout un vocabulaire à inventer », ajoute-t-il. Reste à mettre les constructeurs sur la voie de l’écran autonettoyant. Car le tactile laisse des traces.
Extrait des petites affiches Matot Braine - Dominique Charton