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Pascal Bastien, que le bio coule de source

Pascal Bastien, que le bio coule de source

 

Arrivé dans la Marne en 2004, il vient de créer Vegetal & Mineral Water. La bouteille d’eau entièrement biodégradable et 100% régionale qu’il a lancé, est une première mondiale.

 

Article extrait des petites affiches Matot Braine du 10 au 16 août 2009

Et dire que c’est une bouteille d’eau qui est à l’origine de l’actuelle effervescence de la région ! Sollicité par toute la presse étrangère, le concepteur de la première bouteille d’eau fabriquée à base d’amidon de maïs et de fécule de pomme de terre a réussi son pari. Car c’est grâce à la mise en valeur de ses ressources naturelles, que la petite ville de Bourbonne-les-Bains intéresse les médias du monde entier. Contrairement aux apparences, ce ne sont pas uniquement des préoccupations « écolo » qui sont à l’origine de la nouvelle notoriété de Pascal Bastien, arrivé dans la Marne en 2004, et qui réside toujours à Courtisol. En 1981, sa carrière professionnelle démarre dans le secteur bancaire, alors qu’il arrive de Milan, où il a fait ses études. Une maîtrise de gestion en poche, il se forme en interne à l’institut technique bancaire, avant d’occuper les fonctions de responsable d’agence auprès des entreprises. Un poste qu’il occupera jusqu’en 1990, date à laquelle il prend la direction financière d’une PME, pour une période de trois ans. Responsable, à partir de 1992, des restructurations industrielles succédant à la première guerre du Golfe, il sera alors amené à intervenir dans le cadre d’acquisitions et de cessions d’entreprises, à titre personnel également. Et c’est ainsi qu’à partir de fin 2003, il commence à investir dans des entreprises de technologies innovantes.

UN PRODUIT 100 % CHAMPARDENNAIS

« À cinquante ans, je suis aujourd’hui un dirigeant en première ligne. L’intérêt est tel, à la fois pour l’environnement et la revitalisation économique de cette région, que toutes les conditions sont réunies pour accompagner un projet aussi unique que celui-ci », souligne Pascal Bastien. Avec la Marne, tout a commencé en 2006, suite à de nombreuses rencontres. Celle avec Lan Tighzert, une chercheuse de l’ESIEC (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Emballage Conditionnement) de Reims, spécialisée dans les bio plastiques, sera déterminante. Il lui faudra deux ans, avec son équipe de chercheurs de l’école d’ingénieurs en emballage et conditionnement, pour mettre au point la bouteille d’eau entièrement biodégradable par compostage, imaginée par Pascal. « Le projet a rencontré un écho favorable à tous les niveaux. Une belle synergie est née entre le Conseil régional, l’ESIEC de Reims, les CCI de Châlons et de Haute-Marne, l’URCA (Université de Reims Champagne Ardenne), et Carinna, (l’agence régionale de développement technologique) sans oublier les acteurs privés, comme les Plastiques d’Argonne. Quand tout le monde rame dans le même sens, cela crée une émulation », fait valoir le dynamique créateur. UNE BOUTEILLE D’EAU POUR COMMUNIQUER

L’intérêt des médias autour du projet ne fait que confirmer ses premières intuitions. Car c’est bien aussi comme un vecteur de communication, qu’il avait au départ imaginé cette bouteille d’eau, 100 % naturelle et régionale. Cofondateur de la société Waterdesigners, il avait déjà eu l’idée de personnaliser la forme des bouteilles pour de l’événementiel. Alors pourquoi ne pas aller plus loin ? En s’intéressant autant au contenu qu’au contenant de la bouteille d’eau, Pascal Bastien est donc passé au niveau supérieur. Pour cela, il est allé puiser les richesses d’une eau pure, en s’intéressant à un territoire préservé. « Après avoir longtemps cherché, nous avons choisi l’eau thermale de la ville haut marnaise de Bourbonne-les-Bains », explique-t-il. À l’heure où il est question de redéploiement économique, la mise en valeur d’un patrimoine naturel, coule ici de source. « Ce qui est important, c’est le regard que l’on porte sur les lieux. Surtout quand il n’y a pas d’histoire industrielle. Dans un site éloigné et peu accessible, la revitalisation économique passe par la valorisation du patrimoine géologique. Je voulais montrer que cela peut fonctionner », explique Pascal Bastien. Avec ce projet, d’une valeur de près d’un million d’euros, de la conception à l’embouteillage, en passant par la fabrication, il est d’ailleurs en passe de le prouver. L’usine d’embouteillage, qu’il a fait construire sur un site de 300 m2 à Bourbonne-les-Bains, d’où proviendra l’eau de source, est actuellement en cours d’achèvement. Le process a d’ailleurs été testé à l’usine Plastiques d’Argonne à Vienne-le-Château, dans la Marne. Et bientôt l’embauche d’une quinzaine de personnes permettra de démarrer la production et la commercialisation. Celle-ci devrait représenter trois millions de bouteilles dans trois ans, et cinq millions dans cinq ans. Autant dire une goutte d’eau sur ce segment. Au delà d’un marché de niches, telles que l’hôtellerie -restauration, les magasins bio et l’événementiel, le fondateur de la société Mineral & vegetal Water a également ouvert la voie à d’autres débouchés. Car en plus du marché de l’eau, la bouteille bio plastique intéresse les industriels pour conditionner des cosmétiques ou autres produits ménagers biodégradables. « Ce sont des micro projets, qui, additionnés, permettront de redynamiser le monde rural ». Il est en effet permis de penser à d’autres applications autour de l’eau de Bourbonne-les-Bains. De la panification à l’aquaculture, en passant par la fabrication de glaces. Une eau thermale reconnue, décidément pleine de ressources !

Nadine Champenois

 
 
 
 
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