La première étape de la formation des tumeurs est la transformation cellulaire impliquant l’altération des points de contrôles du cycle cellulaire, l’activation d’oncogènes et/ou la neutralisation d’anti-oncogènes. Les cellules tumorales peuvent proliférer de manière anarchique, échapper aux phénomènes d’apoptose et acquérir des propriétés invasives. Les cellules tumorales les plus invasives acquièrent des caractères phénotypiques mésenchymateux réalisant une transition épithélio-mésenchymateuse. Elles modifient ainsi leurs molécules d’adhérence, leur cytosquelette, sont capables de produire des enzymes protéolytiques comme les métalloproteinases matricielles (MMPs). Par ailleurs, la transformation cellulaire s’accompagne de modifications précoces de l’environnement tumoral constituant la stroma-réaction. Les cellules du tissu conjonctif (fibroblastes, myofibroblastes, cellules inflammatoires…), les cellules endothéliales et les composants de la matrice extra-cellulaire (MEC) sont impliqués dans cette stroma-réaction qui joue un rôle déterminant dans la progression tumorale.
Les diverses équipes de l’IFR 53 ont acquis dans le domaine de l’invasion tumorale une expertise reconnue qui leur a permis de participer de manière forte à l’émergence de l’axe 4 du Cancéropôle Grand Est dédié à l’étude des phases précoces de l’invasion tumorale.
Les objectifs du présent projet dans les 3 années à venir sont d’analyser les phénomènes biologiques favorisant la progression tumorale à travers les relations entre les cellules cancéreuses et leur microenvironnement, pour déterminer des cibles thérapeutiques et proposer de nouvelles stratégies pour lutter contre la croissance tumorale.
Les diverses équipes de recherche de l’IFR 53 collaboreront pour :
Le présent projet s’appuiera sur les moyens et les plates-formes de l’IFR 53 (plateforme d’imagerie cellulaire labellisée RIO, plateforme protéomique, animalerie…), sur la plate-forme de biologie moléculaire du CHU, et sur des collaborations fortes établies avec des équipes cliniques du CHU très impliquées dans la prise en charge des pathologies cancéreuses (services de dermatologie, gastro-entérologie, gynécologie, ORL) et de l’Institut Jean Godinot (Centre Régional de Lutte contre le Cancer). Des collaborations établies avec de nombreux laboratoires français et étrangers renforceront les travaux des diverses équipes.
Au terme de ces études, des facteurs pronostiques applicables au plan clinique pourront être établis dans de nombreux cancers. De nouvelles méthodes d’investigation des lésions précancéreuses et cancéreuses seront évaluées tant au plan biologique que physique. Des approches thérapeutiques originales, faisant appel à de nouveaux agents pharmacologiques ciblant les mécanismes de la prolifération et de l’invasion, pourront être proposées. Tout cela permettra une meilleure prise en charge de nombreuses pathologies cancéreuses dont l’impact en termes de santé publique et économiques, est important pour la Champagne-Ardenne.